OceanaGold Corporation et TransAlta Corporation reçoivent le prix du meilleur rapport de développement durable 2020 de la part d’étudiants de l’Université Concordia

Le groupe d’étudiants d’Amr Addas, professeur adjoint à l’Université Concordia, a attribué le prix du meilleur rapport de développement durable (RDD) à OceanaGold Corporation (OceanaGold) et TransAlta Corporation (TransAlta). À l’occasion de la 7e édition du Concours IFD-FM du meilleur rapport de développement durable 2020, le jury de la relève en investissement durable a évalué les pratiques de divulgation relatives aux enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) d’entreprises canadiennes des secteurs aurifère et des infrastructures.

Ce concours permet à M. Addas d’illustrer auprès des étudiants à quel point l’investissement responsable devient une composante clé des stratégies de placement. « Voilà une excellente occasion pour leur implication dans l’analyse des rapports de responsabilité sociale d’entreprise (RSE) et la compréhension des informations pertinentes pour les investisseurs, en plus d’une manière d’offrir aux entreprises des évaluations impartiales de la qualité de leurs rapports et la reconnaissance d’une année entière de travail pour certaines d’entre elles », explique-t-il.

Méthodologie et résultats

Après avoir mis à profit les règles du Concours, les critères d’évaluation de la matérialité, des indicateurs de rendement et de la qualité de la divulgation, ainsi que les détails sur les points supplémentaires à accorder aux entreprises dont le RDD est particulièrement remarquable, les étudiants devaient s’entendre sur les résultats d’analyse et soumettre leurs conclusions à M. Addas à la fin de la session. Ce dernier a ensuite identifié l’équipe ayant présenté l’analyse la plus judicieuse.

Représentant de l’équipe choisie, Mohammed Haidar s’est penché sur les entreprises du secteur des métaux et activités minières, cotées à la Bourse de Toronto. Se mettant dans la peau d’un investisseur, l’étudiant souligne l’importance des bénéfices nets et autres indicateurs financiers dans le contenu d’un RDD efficace. « Quand on y démontre le lien entre le rendement ESG et le rendement financier, c’est très utile à notre compréhension des données », dit-il.

« L’une de nos tâches était d’évaluer de manière globale la capacité de l’entreprise à déterminer les enjeux les plus matériels qui ont un effet sur l’exploitation commerciale du point de vue des  questions ESG », se rappelle-t-il. Mohammed et son groupe s’intéressaient donc aux entreprises qui ne se contentent pas de mentionner leur utilisation de la plateforme de la Global Reporting Initiative (GRI), mais plutôt celles qui savent identifier les facteurs ciblés par celle-ci. « Certains le font très bien, et en ce qui a trait aux 9 RDD observés, le pointage moyen était de 10/15. »

Parmi les entreprises s’étant distinguées, OceanaGold a su fournir des données qualitatives et quantitatives, sur des thèmes tels que : main-d’œuvre, approvisionnement local, plaintes de la collectivité, environnement, rendement, biodiversité, planification de fermeture, et gestion des résidus. « Aussi, le rapport accompagnait ces facteurs d’analyses de rentabilité, nous permettant de mieux comprendre leur effet sur les activités quotidiennes », souligne Mohammed.

Par ailleurs, le jury de l’Université Concordia a remarqué que peu d’entreprises partagent des renseignements sur l’évolution chronologique ou la vision à long terme en matière d’indicateurs de rendement ESG. « Travailler dans un environnement sûr et sain est particulièrement important quand on parle de sociétés aurifères et la situation de la COVID-19 exige encore plus de sensibilisation », souligne Mohammed. « Et lorsqu’il est question de sécurité en entreprise, on s’attend à voir les données sur la fréquence des blessures au cours des dernières années », précise-t-il.

Un autre des éléments à évaluer était la clarté du contenu. Seuls les trois meilleurs RDD comprenaient des notes en bas de page pour préciser la signification des acronymes et du jargon. « Il reste beaucoup à faire en ce qui concerne la transparence », affirme Mohammed.

L’un des RDD analysés traitait des cibles à long terme en accord avec les objectifs de développement durable des Nations Unies. « Il n’y avait cependant pas de mesure corrective, ni de calendrier pour l’atteinte de ces objectifs, alors nous ne pouvions pas vraiment accorder des points à cette information », précise Mohammed.

En outre, l’impact social a été abordé par les trois entreprises aux pointages les plus élevés.        « Leurs rapports décrivaient l’aide offerte aux communautés locales par la création d’occasions d’emploi et leur empreinte environnementale, y compris les émissions de gaz à effet de serre (GES), l’évacuation des eaux, ainsi que la gestion des résidus et autres déchets », indique Mohammed.

Un autre facteur décisif pour le choix des entreprises gagnantes était la mention des protocoles de la GRI, du Carbon Disclosure Project (CDP) et de la Task Force on Climate-related Financial Disclosures (TCFD), en plus de la comparaison avec les sociétés concurrentes.

Développement durable : un choix qui s’impose

Mohammed est très enthousiaste à l’idée de suivre la voie de l’investissement responsable au fil  de sa carrière et d’inciter les entreprises en démarrage à préconiser une croissance responsable. Un ami lui a parlé de son travail en services bancaires aux entreprises, et du processus d’évaluation de la durabilité. « Il fait le même exercice que le nôtre mais à une plus grande échelle, accordant des prêts à taux d’intérêt plus faible aux entreprises durables, en comparaison avec leurs concurrents », relate-t-il. « Je trouve cela très bien, mais surtout, je m’intéresse beaucoup au capital de risque et je crois que le progrès technologique, comme celui connu actuellement en intelligence artificielle, présente un grand potentiel pour les technologies propres et les solutions durables à offrir au cours des prochaines années. »

 

L’approche unifiée de TransAlta Corporation

Nous avons rencontré Matthew Toohey, directeur mondial de la durabilité chez TransAlta Corporation, pour discuter de l’apport de l’entreprise à la divulgation ESG. TransAlta est propriétaire, exploite et développe une flotte diversifiée d’actifs de production d’énergie électrique au Canada, aux États-Unis et en Australie. Elle est aussi l’un des plus importants producteurs d’énergie éolienne du Canada.

L’entreprise publie des RDD depuis plus de 25 ans, mettant à profit de nombreux systèmes en place depuis longtemps pour la collecte de données. L’ensemble du processus doit se dérouler rapidement, puisque les données sur la durabilité sont maintenant intégrées aux rapports financiers et il faut respecter les délais précis de la divulgation financière. « Nous effectuons le suivi d’environ 81 indicateurs de rendement clés (IRC) et chaque unité opérationnelle génère tous les rapports de données sur la durabilité pour la fin janvier », explique M. Toohey. « L’équipe de durabilité utilise nos méthodes de contrôle internes pour en assurer la qualité, et une assurance de la qualité à l’externe est également menée par Ernst & Young en ce qui a trait à certains indicateurs matériels en particulier », explique M. Toohey.  

Surveillant ses données sur des sujets variés tels que les émissions de gaz à effet de serre (GES), les enjeux environnementaux touchant les terres et les eaux, ou encore la sécurité des employés, les intentions sociales et les investissements communautaires, TransAlta suit les recommandations de la TCFD et du SASB, en plus de la GRI.

TransAlta s’expose à certains risques climatiques, y compris les risques de transition et de dévaluation relatifs à ses actifs de charbon. « Nous avons effectué une réduction de 21 millions de tonnes depuis 2005, ce qui est équivalent au profil GES de nombreux petits pays », souligne M. Toohey. De plus, l’entreprise a développé une immense flotte renouvelable d’actifs de production d’énergie électrique depuis l’année 2000 et elle renoncera à l’utilisation du charbon d’ici 2025.

S’inspirant de l’Europe et de l’Afrique du Sud, où la tendance d’une approche intégrée pour la gestion des données de développement durable est beaucoup plus présente qu’en Amérique du Nord, TransAlta a choisi il y a cinq ans d’intégrer les données ESG aux données financières, ce qui lui a permis de passer d’un rapport de 70 pages à une vingtaine de pages de contenu intégré au rapport annuel de l’entreprise. « Le fait d’effectuer une divulgation ESG indépendante de la divulgation des données financières est comme se trouver dans l’espace, à l’extérieur de l’astronef », illustre M. Toohey. « Intégrer les données sur la durabilité au rapport financier nous assure que le rendement et la gestion ESG bénéficient de la même rigueur, de la même révision et du même souci du détail que les données financières, ce qui est essentiel au succès ESG à long terme – le produit final n’est pas aussi sexy, mais il est plus pertinent et utile aux marchés financiers. »

 

Mélanie Pilon, journaliste pour l'Initiative pour la finance durable de Finance Montréal

 

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